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vendredi, 23 mai 2008

Pétrole

Pétrole - Corinne Lepage : “Cela va transformer notre vie quotidienne”
FRANCE SOIR 23/05/2008

1466051086.3.jpgPour l’ancienne ministre de l’Environnement, le pétrole cher va contraindre à vivre de manière plus saine.

FRANCE-SOIR. Quelle vont être les conséquences, selon vous, de l’incroyable hausse des cours du brut ?
CORINNE LEPAGE. Pour le moment, soyons clair, il n’y a pas de véritable solution alternative. Nous allons donc être contraints de réduire notre consommation énergétique, ce qui devrait entraîner une transformation de nos comportements et de notre vie quotidienne. Tout d’abord dans le domaine des transports. La voiture et l’essence sont devenues des produits de luxe et nous allons être conduits à les utiliser de moins en moins, par le développement du covoiturage ou l’utilisation des transports en commun. Dans le domaine de l’alimentation également : le coût des transports et celui des engrais, directement liés au pétrole, contribuent à la hausse des prix. Cela aura pour conséquence un rapprochement entre consommateurs et producteurs, un retour à une agriculture raisonnée et de saison, notamment par le développement des Amap (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne). Enfin, c’est sûr, les recours aux énergies éoliennes, solaires, thermiques, géothermiques… vont se multiplier, surtout grâce aux avantages fiscaux dont ils bénéficient.

Toutes ces technologies existent aujourd’hui. Pourquoi tardent-elles tant à se généraliser ?
Car il y a manque de volonté politique criant face aux poids énormes des lobbies dans notre pays. EDF n’a, par exemple, aucun intérêt à voir se développer les éco-habitats, autosuffisant énergétiquement, et les semanciers sont liés à l’industrie du pétrole… Les intérêts économiques de ces lobbies priment sur la santé et le bien-être de la population. Mais tout cela est en train de changer, en raison de la hausse des cours. Ce que nous n’avons pas pu faire au nom de la protection de l’environnement et des humains sera réalisé pour des raisons économiques.

Finalement, la hausse du pétrole est une chance
A moyen terme, oui, puisqu’elle va nous amener à évoluer vers un mode de vie plus sain, plus respectueux de notre santé. Mais c’est un drame à court terme pour une population confrontée à une crise économique et à une diminution de son pouvoir d’achat. C’est pourquoi je suis vraiment en colère contre nos dirigeants. Car cela fait des années que nous sommes confrontés à l’urgence écologique, et des années que les experts annoncent la hausse des coûts énergétiques. Et rien n’a été fait pour nous préparer à cette situation. Au contraire, on a continué aveuglément. Aujourd’hui, c’est à la population de payer cette irresponsabilité.

Le Grenelle de l’environnement est-il pour vous une source d’espoir ?
Il l’était, mais la majorité UMP m’inquiète beaucoup. La loi sur les OGM a montré qu’elle avait cédé sous le poids des lobbies, car contrairement à ce que dit le gouvernement, ce texte n’est pas du tout « équilibré » : les députés ont autorisé la coexistence OGM-cultures traditionnelles, qui entraînera la contamination de ces dernières. On risque de vivre la même chose sur les autres volets du Grenelle.

Publié dans France-Soir du 23 mai 2008

22:53 Publié dans Articles de presse | Lien permanent

Protection des hirondelles

Les « Naturalistes Sans Frontière »

lancent leur première action sur le Calaisis

Jean-Marc Struye

Jean-Marc Struye et Philippe Hochart avaient décidé de prospecter la Cité des Saules à Coulogne (Pas-de-Calais) où subsiste une dernière colonie d'hirondelles de fenêtre. La situation est bien triste pour les hirondelles de fenêtre. Aucune dans Calais, rien à Blériot Plage (Sangatte). Un seul quartier de Coulogne colonisé ! Il est temps d'agir ! Dans un premier temps, comptage des nids mais aussi prendre contact avec la population.1636868346.jpg

Compter les nids fut une tâche bien difficile le premier dimanche matin car l'accueil des habitants était bien trop chaleureux. Impossible d'aller plus loin que la première impasse. C'est seulement le second dimanche matin que Philippe et Jean-Marc en sont venus à bout .

On a parlé d'hirondelles mais aussi de bien d'autres choses... C'est un véritable travail écologique qui a été entrepris. Nos deux naturalistes ont obtenu la confiance de ce quartier et une habitation leur a même commandé un nichoir artificiel pour attirer nos amis les hirondelles.

Le site de NSF :   http://n-s-f.over-blog.fr/

18:12 Publié dans Initiatives | Lien permanent

samedi, 17 mai 2008

Eras Metal

PÉTITION ERAS METAL

575604549.jpgLES VERTS :

« Les gens ne veulent pas du développement à n'importe quel prix »

Le projet Eras Metal n'en finit pas de faire débat. Après l'Adeca, l'association de défense de l'environnement du Calaisis, qui a émis de sérieuses interrogations, avec Jean-Marc Ben, alors adjoint au maire écologiste de l’ancienne municipalité calaisienne (dès le mois de janvier), c'est aux Verts de s'interroger début mai.

Ils lancent aujourd’hui une pétition. Pour la signer, cliquez ici

Pour revoir l’article de Nord Littoral (2 mai 2008), voir ci-dessous

11:24 Publié dans Communiqués | Lien permanent

vendredi, 16 mai 2008

Les Verts et Eras Metal

NORD LITTORAL, vendredi 2 mai 2008  

Les Verts et les altermondialistes s'interrogent sur l'implantation d'Eras Metal

« Les gens ne veulent pas du développement à n'importe quel prix »

1372131090.jpg Le projet Eras n'en finit pas de faire débat. Après l'Adeca, l'association de défense de l'environnement du Calaisis, qui a émis de sérieuses interrogations, c'est aux Verts et aux altermondialistes de s'interroger, avec à leur tête Catherine Bourgeois, conseillère régionale.

Cette dernière a envoyé une lettre à Natacha Bouchart et au sous-préfet de Calais pour leur faire part de ses doutes. « Le rapport de l'enquête publique n'est pas exhaustif et ne répond pas aux inquiétudes de la population. Il aurait dû dégager les points clés, les enjeux, pour qu'il puisse y avoir un vrai débat, à la place de ça, on a eu un rapport de centaines de pages très scientifiques et techniques », explique-t-elle.

Des interrogations multiples

Pour Jean Cresson, sympathisant vert, « il y aurait un périmètre de dangerosité de 200 mètres qui n'apparaîtrait pas dans le rapport. Les premières maisons sont au pied du périmètre ! » Et le terminal transmanche est à moins de 200 mètres... Les interrogations portent sur l'origine des poussières, le stockage, la manipulation, le plomb, le volume de gaz qui va être rejeté et les proportions de dioxyde, le filtrage, l'impact sur le sol et l'eau. « Le rapport dit qu'il n'y aura pas de conséquences sur l'eau vu le rapport de la Ddass. Mais j'aimerais bien le voir, moi, ce rapport de la Ddass ! », s'exclame Catherine Bourgeois.

Les Verts soulèvent aussi le problème des scories : « Le marché est saturé. Nous sommes sceptiques quant à leur valorisation. » A cela, s'ajoute le transport de ces milliers de tonnes de poussières : « Ce seront des camions dangereux, l'autoroute est déjà chargée et la rue des Garennes aussi. » Les emplois mis en avant pour justifier l'implantation d'Eras metal ne suffisent pas aux Verts. « L'emploi est une des préoccupations premières des Français, mais aujourd'hui, c'est la santé qui passe en tête dans la région. Nous avons déjà un passif industriel très lourd, avec les plus mauvais indicateurs de santé en France dûs, il n'y a plus à le démontrer. On aimerait qu'il y ait un débat avec les institutionnels, les représentants de l'usine, les habitants, les associations pour avoir des réponses. » En sus de leurs courriers, ils lancent une pétition. « Ce que nous voulons, c'est un échange pour rassurer la population, nous ne nous opposons pas à cette usine, car elle recycle des déchets, mais pas sous n'importe quelle forme et à n'importe quel endroit. Elle pourrait se faire ailleurs sur le Calaisis, plus dans la zone des Dunes que sur l'ancien site d'Umicore, concluent-ils. Les gens ne veulent pas du développement économique à n'importe quel prix. »

Chronologie

18 octobre 2007 : Eras Metal annonce l'implantation de trois fours sur l'ancien site d'Umicore. L'entreprise norvégienne a alors tout pour plaire : elle promet de créer 53 emplois, participe au recyclage de déchets et a choisi Calais pour s'installer.

Mi-décembre : une réunion a été organisée, à l'initiative du sous-préfet, réunissant les différents acteurs du monde économique et environnemental du Calaisis, pour présenter de manière plus large Eras Metal et répondre aux premières interrogations.

20 décembre : début de l'enquête publique. Elle durera un mois jusqu'au 21 janvier. C'est Luc Guilbert qui est nommé commissaire enquêteur du dossier. Beaucoup se plaignent alors des dates choisies, en période de vacances.

24 janvier : le conseil de quartier du Petit-Courgain débat longuement du cas Eras. Les interrogations se multiplient sur les nuisances à venir.

8 février : la question d'Eras Metal crée le débat au sein du conseil municipal de Calais. Jean-Marc Ben reconnaît alors : «  Eras pollue ? Oui, car toutes les industries de ce type émettent des poussières de métaux lourds. Mais elles respectent aussi une législation très contraignante. »

13 février : la CGT se mobilise à son tour sur le dossier, voulant obliger Eras à reprendre les quinze anciens salariés d'Umicore encore sans emploi, s'interrogeant sur le financement de la formation...

1er mars : l'Adeca, l'association de défense de l'environnement du Calaisis, tient son assemblée générale. Eras Metal est le dossier incontournable de la matinée. Après avoir étudié le dossier, les inquiétudes soulevées sont nombreuses.

22 mars : Robert Grislain, ancien chef d'atelier chez Courtaulds, analyse dans nos colonnes le dossier Eras. Pendant quatre matinées, il a étudié le dossier et consigner dans un cahier ses réflexions, qu'il a mises à disposition de la mairie. Pour lui, « la somme des risques est supérieure aux impacts positifs ». Notamment au niveau de la pollution de l'eau avec le rejet de 80 m³ par heure d'eau polluée par des résidus de produits chimiques et d'hydroxyde de fer de couleur rouille. « Avec le courant de jusant, les polluants passeront sous la jetée ouest, donc sur nos plages et dans nos eaux de baignades. Les rejets stagneront un certain temps dans l'avant-port. »

30 avril : les Verts tirent à leur tour la sonnette d'alarme.

Nord Littoral

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575604549.jpgNOTE:   Cette prise de position des Verts locaux vient s’ajouter aux interventions de Robert Grislain, de l’Adeca et de mes propres interpellations en ma qualité d’adjoint au maire « de l’époque ». La position des Verts me semble d’autant plus intéressante qu’elle s’accompagne de propositions réalistes  qui rejoignent les recommandations que j'avais adressées au commissaire-enquêteur et formulées au conseil municipal. J'avais en effet intégré dans la délibération mes fortes réserves: « Il me semble toutefois que les mesures de protection pour lutter contre les émissions accidentelles de poussières, tenant compte des incidents qui se sont produits dans la filiale norvégienne, doivent être renforcées pour éviter les retombées nocives d’oxydes de zinc et de ses dérivés. » Comme autres recommandations incluses dans la délibération et expressément formulées dans l’enquête publique au nom de la municipalité, j’avais fait remarquer que le choix de la voie routière nous étonnait, pour un projet devant s’inscrire dans le développement durable : « La rue des Garennes est déjà engorgée par le trafic routier qui dessert les entreprises de la ZI des Dunes et par le stationnement anarchique des poids lourds. Il n’est pas envisageable d’aggraver la situation avec l’ensemble du trafic lié à la future exploitation d’Eras Metal. D’une part, la rocade portuaire existante permet au trafic routier d’arriver sans difficulté jusqu’au site industriel, d’autre part nous recommandons d’envisager le plus rapidement possible, l’utilisation de la voie ferroviaire et les aménagements éventuels afférents, pour éviter les nuisances dans ce quartier. »

J’avais également réclamé des informations sur le périmètre P.P.I du site, ce qui était déjà la moindre des choses. En l'absence de réponse à nos questions à tous (celles de l'ancienne municipalité par mon intermédiaire et celles de l'ADECA), il semble qu'Eras Metal ne soit toujours pas en mesure de respecter les "prescriptions" mêmes de la délibération du conseil municipal du 8 février 2008. Raison de plus pour la nouvelle municipalité de remettre en cause l'avis favorable émis alors, pourtant "donné" avec des réserves très fortes. En tout cas... de demander à Eras Metal de répondre aux interpellations et recommandations municipales, qui sont toujours valables. C'est ce que je me préparais à faire si j'avais retrouvé mon poste d'adjoint à l'environnement. Je ne doute pas que le nouveau maire de Calais et son adjoint à l'environnement n'aillent pas dans ce sens aussi, sur ce dossier précis. C'est un sujet sur lequel on peut obtenir un large consensus. Il ne s'agit pas pour les écologistes de refuser Eras Metal. Mais l'absence de réponse depuis que le projet existe n'incite guère à la confiance.

Jean-Marc Ben, conseiller municipal écologiste, ex-adjoint à l’environnement

 

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Courriel de M. Grislain

Monsieur Ben,

Par ce courriel je viens vous remercier du suivi que vous donnez à cette réunion et confirme votre investissement dans ce souci permanent qu'est l'écologie, j'y suis moi-même très attaché et ne développe pas le syndrome du râleur et du « toujours non », mal français qui annihile toute progression, mais le remplacement d'une usine polluante par une autre usine polluante de doit pas être systématique et irrévocable.

Le désenclavement de Calais par le réseau autoroutier devait apporter à notre ville un atout de développement qui jusqu'à ce jour piétine ou détruit notre environnement.   

Pour votre information et en ce qui concernent les rejets d'eau ( 80m3/h ) dans le bassin Ravisse, il y a eu, je pense vers 1979, une émission spectaculaire de colorant concentré rouge par l'usine Courtaulds SA dans la rivière neuve, ce qui a pollué l'arrière-port et ce jusqu'à la sortie des jetées. Ce qui a permis de voir sans conteste que le courant fait bouchon à certains moments de la marée et induit des contre-courants qui répartissent les eaux dans l'ensemble du port sans pouvoir sortir de celui ci. Je vous invite, Monsieur Ben, à faire une recherche sur cet accident qui prouve que les rejets pollués et de couleur rouille de la société ERAS ne seront pas anodins, stationneront dans le port jusqu'à pleine mer et que notre plage sera immanquablement touchée au moment de la renverse des courants. En effet, sur le jusant, ces courants s'orientent d'est en ouest. Naturellement je suis à votre entière disposition si vous en exprimiez le souhait, pour vous aider à retrouver les coupures de journaux de l'époque ou d'autres précisions auprès de personnels de cette entreprise.

En tous cas, je vous remercie. Monsieur Ben, d'apporter autant de sérieux dans votre mandat et dans un domaine qui est vital pour notre société, l'Ecologie

Robert GRISLAIN

19:29 Publié dans Articles de presse | Lien permanent

mercredi, 14 mai 2008

Rejet texte OGM: nouveau gros couac dans la majorité

Revers cinglant pour Sarkozy et sa majorité

Par Souk CHANTHALANGSY AFP - Mardi 13 mai

PARIS (AFP) - Le gouvernement de Nicolas Sarkozy et sa majorité ont subi mardi un revers cinglant à l'Assemblée avec le rejet inattendu du texte sur les OGM, sur un point de procédure, avec une seule voix d'écart, par les députés alors que tous s'attendaient à un vote définitif sans encombre.

Un coup de tonnerre a secoué l'hémicycle juste avant 18H00, alors que les députés votaient, dans une indifférence quasi-générale, sur la question préalable plaidée avec fougue par le député PCF André Chassaigne, à l'occasion de la deuxième lecture de ce texte très controversé.

Ni le ministre, Jean-Louis Borloo (Ecologie), ni sa secrétaire d'Etat, Nathalie Kosciusko-Morizet, ni le rapporteur, Antoine Herth (UMP), n'avaient voulu s'exprimer au sujet de la motion PCF, laissant la parole à l'orateur UMP Marc Laffineur.

L'annonce du vote de la motion de procédure par 136 voix contre 135 a douché la droite, tandis que les élus de gauche exultaient et applaudissaient durant plusieurs minutes. Le leader altermondialiste José Bové était debout dans les tribunes du public.

Des cris de joie montaient des abords du Palais-Bourbon, où étaient rassemblés des centaines de manifestants anti-OGM, après un "pique-nique sans OGM" sur l'esplanade des Invalides.

Le Premier ministre, François Fillon, a très vite annoncé la convocation de la Commission mixte paritaire (CMP composée de sept sénateurs et sept députés, majoritairement de droite) pour soumettre à nouveau le texte "au vote des deux chambres".

Le PS a aussitôt réclamé une audience à Nicolas Sarkozy pour demander que le gouvernement ne "passe pas en force" en représentant le même texte.

Le ministre Roger Karoutchi (Parlement) a déclaré en soirée à l'AFP que la CMP se réunirait "mercredi après-midi".

Le vote des conclusions de cette CMP dans chacune des deux assemblées, synonyme d'adoption définitive du texte, devrait intervenir "dans les semaines à venir", "bien avant fin juin, si possible même avant fin mai", a-t-il précisé.

Le dernier texte, rejeté via une motion de procédure, était la proposition de loi sur le PACS le 9 octobre 1998. En raison de son origine parlementaire, la gauche "plurielle" de l'époque avait dû présenter un autre texte.

Mardi, à l'ouverture des débats, rien ne laissait présager une telle issue.

"Ce texte est fidèle aux engagements du Grenelle malgré tout ce que j'ai pu entendre dire (...) Nous disposons d'un cadre juridique d'une totale cohérence", s'était réjoui Jean-Louis Borloo.

La gauche poursuivait sa stratégie pour "que ce débat ne passe pas inaperçu" et que ce texte "néfaste" ne soit adopté "en catimini".

Après le rejet d'une première motion de procédure PS (exception d'irrecevabilité), c'est André Chassaigne (PCF) qui a défendu, avec succès, "la question préalable".

M. Chassaigne s'était déjà fait connaître en faisant adopter en première lecture un amendement -salué comme une "victoire" par la gauche et les anti-OGM- stipulant que "les OGM ne peuvent être cultivés, commercialisés ou utilisés que dans le respect de l'environnement et de la santé publique, des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales qualifiées « sans OGM » et en toute transparence".

Le texte OGM compte parmi ses mesures phare les règles de "coexistence" entre cultures OGM et sans-OGM et l'institution d'un "délit de fauchage".

07:07 Publié dans Articles de presse | Lien permanent

Rejet surprise du texte OGM

OGM

Le projet de loi sur les OGM a été rejeté à l'Assemblée grâce à une motion de procédure PCF

NOUVELOBS.COM | 13.05.2008

L'adoption surprise à une voix près (136 contre 135) d'une motion de procédure PCF défendue par André Chassaigne, a entraîné automatiquement la fin de l'examen du texte. Le gouvernement a immédiatement convoqué une commission mixte paritaire Sénat-Assemblée afin de soumettre un nouveau texte au vote des deux chambres.

Coup de théâtre au Palais-Bourbon. Les députés ont adopté mardi après-midi 13 mai une question préalable déposée par le Parti communiste sur le projet de loi sur les OGM, signifiant le rejet du texte en deuxième lecture.1683318580.jpg

La motion de procédure a été adoptée par 136 voix contre 135 lors d'un vote solennel, en raison d'une présence insuffisante des députés UMP dans l'hémicycle et de l'abstention de deux membres de la majorité.
Sur les 316 membres du groupe UMP, seulement 130 étaient présents au moment du vote. Un député UMP, François Vannson, et le Nouveau centre François Rochebloine se sont abstenus. Les 136 députés socialistes, communistes et Verts présents ont voté la question préalable.
La gauche a salué l'adoption de la motion de procédure par une explosion de joie.

"Clairement et sèchement"

"Le gouvernement a été battu clairement, sèchement, sur un sujet qui préoccupe les Français. Quand on veut mépriser l'opposition on finit par le payer, c'est ce qui vient de se passer", s'est réjoui le président du groupe socialiste Jean-Marc Ayrault.

"Aujourd'hui, la majorité paie très cher le prix de son obstination", a renchéri le député Vert Noël Mamère. "Cette majorité va être obligée de revoir sa copie, arrêter des procédures d'urgence et des discussions escamotées, revenir avec un texte qui respecte les engagements du Grenelle de l'environnement".
Son collègue François de Rugy a salué dans un communiqué la "victoire historique d'une majorité de députés contre le passage en force du gouvernement et de l'UMP en faveur des multinationales fabriquant des OGM". Pour lui, "ce vote est un vote de résistance aux pressions économiques et financières effectuées par les grands groupes de l'agrochimie".

Pas lieu de débattre

Cette question préalable votée à la surprise générale signifie qu'il n'y a pas lieu de débattre sur le texte.
Le projet de loi sur les OGM n'est toutefois pas enterré. François Fillon a en effet immédiatement décidé de convoquer la Commission mixte paritaire Sénat-Assemblée pour soumettre à nouveau le texte "au vote des deux chambres", selon un communiqué de Matignon.

"A la suite de l'adoption d'une motion de procédure à l'Assemblée nationale, le Premier ministre François Fillon a décidé mardi, comme le prévoit la Constitution, de convoquer la Commission mixte paritaire afin d'arrêter le texte relatif aux organismes génétiquement modifiés qui sera soumis au vote des deux chambres du Parlement", indique ce communiqué. (avec AP, AFP)

 

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samedi, 10 mai 2008

Ca bouge ?

113509230.gifLes Verts discutent d'une alliance "Cohn-Bendit - Hulot - Bové"

LE MONDE | 10.05.08

Assurés par leurs résultats aux municipales et le nombre d'élus obtenu, les Verts pensent déjà aux alliances pour les Européennes. Un appel lancé sur le Net par les amis de Noël Mamère a été adressé à Daniel Cohn-Bendit, José Bové et Nicolas Hulot pour qu'ils acceptent de mener ensemble une liste de rassemblement des écologistes en 2009. Une façon de reconnaître que les porte-drapeaux les plus populaires se situent en marge (Daniel Cohn-Bendit) ou en dehors (Nicolas Hulot et José Bové) des Verts.

Le frère de Daniel Cohn-Bendit, Gabriel, avait déjà tenté, au lendemain du deuxième tour des municipales, d'appeler les écologistes de "toutes tendances" à s'unir pour la prochaine échéance électorale. Mais les contours de l'alliance dessinée étaient plus larges puisqu'ils incluaient des figures du MoDem ou de l'UMP telles Nathalie Kosciusko-Morizet comme des socialistes.

Ce nouvel appel veut parvenir à un rassemblement "dénué d'ambiguïté", une démarche "dans la clarté", sans faire abstraction "des impasses du libéralisme". En clair, une liste écolo mais à gauche. Le texte salue ainsi la déclaration de Nicolas Hulot dans Le Journal du dimanche du 30 mars, estimant : "C'en est fini du libéralisme." "C'est une véritable opportunité de dépasser les clivages sans faire du "ni-ni"", explique Bernard Jomier, initiateur de l'appel.

A l'intérieur du parti écolo, les signatures affluent des fédérations mais deux courants semblent encore sur la réserve. La gauche emmenée par Martine Billard et surtout les "voynetistes", jusqu'alors plus tentés par le projet de "confédération de la gauche" proposée par François Hollande.

La secrétaire nationale Cécile Duflot, elle, reste dans l'expectative, trouve "l'idée intéressante" mais ne veut pas "d'un coup de marketing".

Noël Mamère voit dans cette initiative l'opportunité de "sortir les Verts de leur carcan". "Si on rate cette occasion, on aura du souci à se faire pour notre avenir", insiste le député de la Gironde. Denis Baupin est sur la même longueur d'onde : "Il y a aujourd'hui suffisamment de convergences entre Hulot, Bové et Cohn-Bendit pour avancer vers un parti écolo", affirme l'adjoint au maire de Paris. Les deux ont réussi à convaincre Yves Cochet, du courant Urgence écolo : "Il faut juste que, cette fois-ci, Hulot s'engage vraiment", relève le député de Paris.

C'est en effet la grande inconnue. "DCB" a déjà fait savoir qu'il en serait "s'il émerge quelque chose qui dépasse les Verts français". José Bové, qui avait soutenu les Verts à Paris et Lille en mars, se dit "plutôt d'accord" avec l'initiative. Reste Nicolas Hulot : son entourage multiplie rencontres et discussions mais l'animateur ne semble pas prêt à se décider.

Silvia Zappi  

17:18 Publié dans Articles de presse | Lien permanent

dimanche, 04 mai 2008

Changements climatiques

Lu sur le site ContreInfo

L’équilibre climatique pourrait basculer d’ici sept à dix ans

 Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, 24 avril 2008

L’équilibre climatique de l’hémisphère nord pourrait « basculer » d’ici sept à dix ans, provoquant une hausse aussi subite que sensible de la température moyenne du globe, en raison de la disparition de plus en plus prévisible de la calotte polaire en été et du réchauffement de l’océan Arctique.

calotte glaciaire

C’est ce qu’affirme Louis Fortier, océanographe de l’université Laval, qui est aussi le directeur d’Articnet, le plus important programme de recherche en réseau sur les changements climatiques à travers le Canada. Ce programme comprend notamment un important volet d’études dans l’océan Arctique lui-même avec le brise-glace Amundsen. Ce dernier est présentement en pleine dérive pour étudier la polynie circumpolaire, soit le mouvement des glaces en fractionnement à la fin de l’hiver.

Le professeur Fortier, qui prononcera ce soir, au Cœur des sciences de l’UQAM, une conférence sur l’accélération des changements climatiques au-delà de toutes les prévisions [1], rejoint les conclusions de plusieurs autres éminents chercheurs, dont James Hansen, qui dirige le Goddard Institute de la NASA. Hansen soutient depuis quelques semaines que l’humanité a franchi en 1990 le seuil critique dans le dossier des changements climatiques, lorsque la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère terrestre a dépassé le cap des 350 parties par million (ppm). Nous en sommes présentement à 385 ppm et cette concentration augmente au rythme de 2 à 3 ppm par année. Goddard comme Louis Fortier estiment cependant que la partie n’est pas perdue, mais « que le monde doit se réveiller et vite ! »

Selon Louis Fortier, les scientifiques ne peuvent plus hésiter et « doivent dire ce qu’ils savent », quitte à risquer de passer pour alarmistes.

« Les scientifiques du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC) ont été trop timides, dit-il dans une entrevue donnée au Devoir. Le GIEC est commandité par les gouvernements » et ses conclusions doivent faire l’objet de consensus qui ne sont pas arrêtés uniquement par des scientifiques mais aussi par des politiques.

« Cet imprimatur politique, précise Louis Fortier, fait en sorte qu’on arrache toutes les dents de ses rapports. On en est rendu au point où on voit des sceptiques se réfugier derrière les conclusions du GIEC de 2004 pour dire que ce ne sera pas si pire, après tout. Présentement, on sent un remords monter parmi les chercheurs parce qu’on n’a pas été assez ferme, qu’on n’a pas assez défendu nos conclusions. On a plié devant le barrage des négationnistes pour mitiger nos conclusions. C’est grave, parce que les politiques vont certainement nous reprocher de ne pas les avoir avertis à temps. On a aussi été influencé par l’opinion publique qui ne veut pas entendre parler de catastrophes alors que des solutions existent pourtant, dont plusieurs cependant ne veulent pas entendre parler. »

 Une accélération forcenée

Pour Louis Fortier, notre équilibre climatique actuel dépend du « bilan radiatif » de notre hémisphère, c’est-à-dire de sa capacité de réfléchir plutôt que d’absorber une importante proportion des rayons solaires grâce au pouvoir réfléchissant de la vaste calotte polaire. Par contre, ce qui se passe présentement accélère la mutation du climat au-delà de toutes les prévisions, dit-il, parce que plus la calotte polaire fond rapidement en été, plus l’océan Arctique absorbe la chaleur solaire, ce qui accélère la fonte de la glace l’année suivante parce qu’elle est moins épaisse d’une année à l’autre.

Tout se passe comme dans l’habitacle d’une voiture stationnée en été, donne-t-il en exemple. Si on enlève les réflecteurs du pare-brise, on provoque une hausse soudaine de la température intérieure. Or, dit-il, on prévoyait il n’y a pas vingt ans que la calotte polaire disparaîtrait vers 2070-2080 si les concentrations de gaz carbonique continuaient d’augmenter. Puis, des modèles plus perfectionnés ont prédit que l’océan Arctique serait libre de glace solide en été vers 2030. Et au rythme où on mesure maintenant la diminution du couvert de glaces, précise Louis Fortier, cela va se produire vraisemblablement dans sept ans environ, vers 2015, à moins d’épisodes météorologiques imprévus.

La calotte polaire de l’océan Arctique, explique le chercheur, a perdu l’été dernier 1,2 million de kilomètres carrés supplémentaires par rapport à 2006. Il y a une trentaine d’années, cette calotte affichait une surface de 8 millions de km2, mais elle n’en compte plus aujourd’hui que 4 millions.

Et, le plus inquiétant, ajoute ce spécialiste des glaces, c’est que la proportion de la « glace pluriannuelle », celle qui est forte et qui durait de deux à 11 ans, diminue sans cesse parce que son épaisseur diminue, ce qui la rend plus friable et la fait passer dans la partie vouée à la fonte annuelle. « De la glace de 10 ans, dit-il, il en reste très peu au pôle Nord. »

Avec la disparition prévisible de la calotte polaire d’ici quelques années, prévoit ce chercheur, c’est tout le bilan radiatif de notre hémisphère qui va soudainement basculer, faute d’apports en froid et en fraîcheur pour maintenir les températures tempérées actuelles. Il faut donc, dit-il, devancer de 30 ans les prédictions du GIEC, ce que corrobore aussi la fonte beaucoup plus rapide que prévu des glaces du Groenland. Cela est d’autant plus compréhensible et inévitable que les modèles prévisionnels utilisés par le GIEC ne tiennent pas compte de la réduction de l’albédo (le pouvoir réfléchissant) de la calotte polaire, tout comme ces modèles ne tiennent pas compte de la diminution de l’épaisseur des glaces.

Un chercheur de l’École navale supérieure d’océanographie des États-Unis a voulu intégrer ces variables et ces conclusions dans un modèle : les conclusions se sont avérées tellement inquiétantes, explique Louis Fortier, que ce chercheur a décidé de ne pas les publier « pour ne pas faire peur au monde ».

Un seuil déjà dépassé

James Hansen, le grand patron du Goddard Institute de la NASA, soutient que le seuil de 550 ppm de gaz carbonique ne tient plus, ce qui correspond en gros à une augmentation de la température moyenne de 6° C. Ce seuil a souvent été évoqué comme celui de la catastrophe climatique totale ou de l’irréversibilité des changements.

Hansen soutient aujourd’hui que même le taux de 450 ppm préconisé par l’Europe comme objectif pour la deuxième phase de Kyoto est trop élevé car, à son avis, si les modèles mathématiques prédisent que c’est le nouveau seuil de l’irréversibilité, la paléontologie nous apprend au contraire que c’est autour de 350 ppm qu’il faut situer ce seuil critique, soit la concentration de CO² atmosphérique des années 90.

Louis Fortier se dit d’accord avec les conclusions de James Hansen, « si on veut sauver la civilisation ».

Si la température moyenne augmentait de 2 à 6° C sur la planète, dit-il, le climat entrerait dans une phase qui pourrait durer entre 10 000 et 15 000 ans, avant de revenir à ce qu’on connaît aujourd’hui. C’est ce que nous apprennent les traces laissées par le début de l’éocène, il y a 54 millions d’années, le seul moment documenté où on a vu basculer le climat aussi rapidement. Et il a fallu alors quelque 20 000 ans pour que se modifie cette tendance.

La disparition de l’albédo arctique va aussi chambarder profondément cet écosystème et reconfigurer la géopolitique internationale car, dit-il, cette nouvelle mer sera ceinturée par les grandes puissances que sont les États-Unis, l’Europe et la Russie, tout comme il y a 2000 ans les grandes puissances se sont concentrées autour de la Méditerranée.

Et les enjeux économiques, voire alimentaires, seront importants car déjà des pays comme la Corée s’équipent de grands pétroliers capables de naviguer même en hiver dans l’océan Arctique, alors que le Canada ne prévoit pas s’équiper pour patrouiller son propre territoire.

Les pêcheries de cette région, ajoute Louis Fortier, vont profiter des six mois de lumière et d’eaux libres, comme dans la mer du Nord. Si plusieurs espèces actuelles y sont vouées à la disparition - ours polaires, poissons et oiseaux - d’autres les remplaceront et la région deviendra une réserve alimentaire particulièrement convoitée.

Louis Fortier n’est pas sûr du tout que nous sommes collectivement prêts à faire face à des changements climatiques aussi importants et à si court terme, qui risquent de malmener la paix internationale avec leur cortège de réfugiés climatiques, d’affrontements pour le contrôle des eaux douces raréfiées, etc.

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