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samedi, 22 décembre 2007

Une "antenne de jour" pour les migrants à Calais

Conseil Municipal du vendredi 21 décembre 2007

Monsieur le Maire, chers collègues,

980a34054c31c6b54e1c67fd0488855e.jpgJe ne vous cacherai pas, Monsieur le Maire que j’ai un sentiment mitigé ce soir. Je devrais être content de voir aboutir enfin ce projet d’antenne de jour. C’est une simple question d’humanité. Et en même temps, sans doute avec beaucoup d’entre nous ici, j’éprouve un sentiment de révolte, de dégoût même, face à l’hypocrisie affichée par l’Etat et ses services qui mettent tout en œuvre pour démolir avant qu’elle ne soit construite, cette mini-structure d’accueil, « un lieu décent qui puisse répondre aux besoins sanitaires les plus élémentaires », comme le précise notre délibération. En disant cela, je m’aperçois que je viens de commettre un abus de langage. Les mots structure et accueil ne sont plus politiquement corrects. Depuis la fermeture de Sangatte les autorités sont obnubilées par le complexe du « point de fixation » et tout est bon pour éviter le moindre élan de solidarité en direction des réfugiés.

Voilà maintenant que ces mêmes autorités se reconvertissent en pseudo-défenseurs de l’environnement et des zones naturelles en évoquant le Bois Dubrulle. On pourrait sourire en imaginant en effet l’impact environnemental de cette antenne sur ce site d’une exceptionnelle beauté naturelle :-) . Mais, permettez-nous, en tant qu’écologistes, de douter des préoccupations environnementales du préfet. Le Bois Dubrulle n’est pas la Forêt Amazonienne, même si certains l’appellent la « jungle » ! Et la mini-structure qui va être construite sur d’anciens terrains de football, n’est pas un Formule 1 et ne va pas entraîner la déforestation du site. Il est scandaleux d’abriter sa mauvaise conscience derrière de faux arguments environnementaux.

Mais ça n’est pas tout. Savez-vous que pendant un moment, on a essayé d’invoquer le périmètre Seveso, cette fois-ci pour soi-disant assurer la sécurité physique des migrants ? De qui se moque-t-on ?

Nous sommes consternés par autant de mauvaise foi, de bêtise, et en fin de compte par autant d’inhumanité.

Monsieur le Maire, nous n’avons pas toujours été d’accord par le passé sur cette question épineuse et qui était devenue un sujet tabou. Nous avons même eu des échanges assez vifs à l’époque, dans cette enceinte même.

Aujourd’hui, nous saluons votre courage de maire, car c’est bien de courage dont il est question lorsqu’on a affaire à autant d’adversité. Je tenais, Monsieur le Maire, à vous assurer du soutien total des élus écologistes pour cette antenne de jour mais aussi pour la réquisition d’un point d’accueil au vu des conditions météo particulièrement difficiles qui sont prévisibles.

Pour ces mêmes raisons, nous devons, à notre avis, apporter un soutien plus substantiel et plus appuyé aux associations d’aide aux migrants. Je vous remercie.

Jean-Marc BEN, adjoint

12:35 Publié dans Tribunes | Lien permanent

Migrants

LA VOIX DU NORD, samedi 22 décembre 2007

Contre l’avis de l’Etat, un local réquisitionné hier soir

13cff287ff39cb337ed8773877db9089.jpgMalgré les demandes pressantes des élus locaux et des associations, l’Etat est resté arc-bouté sur sa position d’extrême fermeté. Hier soir, la municipalité a réquisitionné le local du BCMO, rue de Moscou.  

L’Etat a ignoré les appels de la mairie, des députés du Calaisis, des associations. Renvoyant tout ce beau monde vers le 115, inaccessible aux migrants.

La Ville de Calais a fait le forcing, et ouvert hier soir le local du BCMO, appartenant au SMBC, rue de Moscou. Là, les migrants ont pu bénéficier de l’apport de 400 sacs de couchage et de chauffage d’appoints, disponibles grâce à une subvention d’urgence débloquée par le Conseil régional. Tout le monde, à Calais, soutient l’initiative municipale. Même Natacha Bouchart, et l’opposition UMP l’ont approuvée, hier soir, lors du conseil municipal.  

Dans la nuit de jeudi à vendredi, près de deux cents réfugiés avaient passé la nuit dans la maison paroissiale de la rue de Croy. Catherine Bourgeois, conseillère régionale (Verts), est restée avec eux : « C’était moins pire que de dormir dehors. Mais c’est une maison sans électricité, sans chauffage. Il faisait peut-être deux à trois degrés, c’était humide. Impossible de dormir. » C’était moins pire, dit-elle, et ce pis-aller avive sa colère : « Le préfet de région, à Lille, a réquisitionné une auberge de jeunesse pour les sans-abri de la métropole. Tout le monde le sait, il y a des sans-papiers parmi ces sans-abri. Ce qui est possible à Lille ne l’est pas à Calais, pourquoi ? La vie des sans-papiers d’ici vaudrait-elle moins que celle des sans-papiers lillois ? » Arc-boutés sur le refus absolu de tout point de fixation à Calais, au risque de laisser les migrants mourir de froid, préfecture et sous-préfecture restent inflexibles. Le maire de Calais, qui en cinq ans ne s’était jamais montré aussi revendicatif sur le sujet, a donc décidé de frapper au sommet de l’Etat. Une lettre a été envoyée au Premier ministre, lettre au ton direct : « Je vous demande instamment de nous aider en exigeant de toute urgence la réquisition du local du BCMO (bureau central de la main-d’oeuvre), rue de Moscou. » Une copie a été envoyée à Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, au préfet et au sous-préfet. Nicolas Sarkozy a été lui aussi informé de l’initiative municipale. Jack Lang et Gilles Cocquempot ont emboîté le pas à Jacky Hénin. Le collectif C’sur a de son côté envoyé un texte à Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités : « Nous ne pouvons qu’être honteux du comportement préfectoral », assène C’sur.
Hier, la communauté calaisienne dans son ensemble a donc fait preuve de désobéissance civile. Une désobéissance qui est tout à son honneur.  •

PAR BRUNO MALLET

PHOTO JEAN-PIERRE BRUNET

12:20 Publié dans Articles de presse | Lien permanent

vendredi, 21 décembre 2007

Rien ne va plus chez les Verts !

Yann Wehrling, sur liste MoDem, “suspendu en urgence“ des Verts

0287d3ed42aa11ef88cd6b5cd995b47f.jpgPARIS (AFP) - Le porte-parole national des Verts, Yann Wehrling, qui se présente en deuxième position sur la liste du MoDem à Strasbourg, a été "suspendu en urgence" des Verts, lors d'un Collège exécutif du parti réuni vendredi, a annoncé à l'AFP la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot.

"Yann Wehrling a été suspendu en urgence et la décision définitive sera prise, conformément aux statuts des Verts par le conseil d'administration de la Région dont il est adhérent, c'est-à-dire l'Alsace", a indiqué Mme Duflot.

M. Wehrling, a souligné la secrétaire nationale, est "candidat contre une liste des Verts dans le cadre d'une mesure prise démocratiquement et il a communiqué très largement sur sa décision".  

La décision en urgence "se justifie par son statut de porte-parole national des Verts", a-t-elle expliqué.

Les Verts "réaffirment leur soutien à la liste des Verts de Strasbourg".  

M. Wehrling, adhérent des Verts depuis 1988, secrétaire national en 2005-06, avait annoncé le 11 décembre avoir retiré sa candidature aux municipales à Strasbourg sur la liste des Verts, ayant été désavoué par les Verts locaux, pour engager un "dialogue avec le Modem".

 Il a accepté vendredi de figurer sur la deuxième place de la liste MoDem que mènera Chantal Cutajar, ancienne adjointe au maire de Strasbourg Fabienne Keller (UMP).

22:35 Publié dans Articles de presse | Lien permanent

jeudi, 20 décembre 2007

Montreuil : l'union du PS et du maire sortant se fait au détriment de Dominique Voynet

Par Par Christine POUGET AFP - Jeudi 20 décembre

f0f06c534a002af9f5c6ad3508155b44.jpgPARIS (AFP) - Le cas de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, un des points litigieux entre le PS et le PCF pour les municipales, a été réglé mercredi au détriment de la sénatrice Dominique Voynet (Verts), qui espérait bien mener une liste d'union de la gauche et se sent désormais "libre".

A moins de trois mois des municipales, le PS a tranché pour cette ville, la plus importante du département de Seine-Saint-Denis et "acté" la reconduction de l'accord d'union avec le sortant Jean-Pierre Brard, apparenté communiste, maire depuis 1984.

M. Brard s'est d'emblée "félicité que le PS ait choisi l'union plutôt que la désunion". Pour le député-maire, cette décision met ainsi "un terme aux tentatives répétées et insistantes" pour "mettre à mal l'unité de la gauche au profit d'ambitions personnelles éloignées de l'intérêt collectif des Montreuilloises et des Montreuillois".

De son côté, l'ancienne candidate des Verts à la présidentielle a fustigé cette "vieille cuisine dans un vieux pot". Elle s'affirme désormais "totalement libre" et dénonce "des rapports de force entre factions socialistes dans la perspective du congrès".

La numéro Un communiste Marie-George Buffet était personnellement montée au créneau pour "l'union" à Montreuil, exhortant à cesser "tous ces jeux politiciens". Pour elle, Claude Bartolone, député PS du département, poussait "aux primaires à gauche en raison de ses visées sur le conseil général" présidé par le communiste Hervé Bramy.

Interrogée par l'AFP, elle s'est dite "très satisfaite de cette décision". "La raison et l'union l'ont emporté".

L'affaire remonte au 8 novembre, lorsque Dominique Voynet, sénatrice du département annonçait publiquement qu'elle se présentait aux municipales dans cette ville qui a voté à la présidentielle à 61% à gauche.

Mme Voynet veut "construire une alternative", condamne la "rhétorique infantilisante" du maire sortant, ose un parallèle avec Ceausescu.

Fin novembre, les militants socialistes à Montreuil avaient voté à une très courte majorité (6 voix) pour une liste d'union conduite par Mme Voynet. Cependant, le nombre élevé de bulletins blancs ne permettait pas de trancher nettement.

La décision avait donc été renvoyée à la Convention nationale du PS. Samedi dernier, en marge de celle-ci, la direction demandait aux militants de prendre "une décision claire" et indiquait "demander aux Verts leur stratégie avec nous dans le département",

Mais les militants ont refusé de revoter lundi. C'est seulement mercredi que le cas a été résolu, sous les auspices de François Hollande, premier secrétaire du PS, avec les socialistes locaux et départementaux et Claude Bartolone.

La liste Brard avec le PS avait obtenu 38% aux municipales de 2001 et les Verts 8%.

Dominique Voynet ne renonce pas. Et constitue actuellement une "vraie équipe de gauche" pour un "vrai projet pour Montreuil", avec "des gens encartés chez les Verts", ou "communistes".

13:00 Publié dans Articles de presse | Lien permanent

Grand froid

La Voix du Nord - Edition du jeudi 20 décembre 2007

Le maire veut réquisitionner un local pour les réfugiés


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Alors que les températures sont tombées sous - 5 dans la nuit de lundi à mardi en certains endroits du Calaisis, le maire vient de demander au préfet l’autorisation d’ouvrir un point d’accueil provisoire, dans l’ancien local des dockers, rue de Moscou.

PAR PATRICIA NOËL PHOTO ARCHIVES JEAN-PIERRE BRUNET

A Calais plus qu’ailleurs, le froid qui s’est abattu depuis plusieurs jours repose avec acuité le problème des réfugiés. Même si, dans ces mêmes colonnes, le sous-préfet Gérard Gavory réaffirmait hier que les réfugiés « ne sont pas exclus du dispostif 115 en cas de grand froid », chacun sait qu’une solution globale d’hébergement pour les réfugiés n’est pas à l’ordre du jour, en tout cas du point de vue de l’État.

Relayant l’appel lancé par les associations qui prennent soin au quotidien des migrants, Jacky Hénin a décidé lundi de demander la réquisition d’un local. Le maire prend appui sur les propos tenus par François Fillon - « Toute personne qui voudra demander à l’État d’être hébergée sera assumée par nos soins » pour justifier sa requête.
Le local visé par le maire se situe rue de Moscou : « Je vous demande de réquisitionner l’ancien bureau central de la main d’oeuvre (BCMO) des dockers, appartenant aux SMBC », écrit Jacky Hénin au préfet.

La mise en oeuvre de cette réquisition ne demanderait pas une gestion spécialement compliquée, explique-t-on à la mairie. « Nous sommes en contact avec les associations depuis plusieurs jours, détaille Denis Duvot, directeur de cabinet du maire. M. Boutoille (CSUR) et Mme Delannoy (une infirmière bénévole, NDLR) nous ont assuré qu’ils étaient prêts à prendre en charge la gestion de cet accueil. » Ce local, actuellement inoccupé, présente l’avantage de se situer à mi-chemin du quai de la Moselle où sont servis les repas le midi, et du hangar Paul-Devot, lieu des repas du soir. Le directeur du cabinet du maire attendait hier matin une réponse du préfet. «  On ne comprendrait pas, expliquait Denis Duvot, que l’État ne prenne pas de disposition par rapport à la situation particulière de Calais ».
Hier soir, Gilles Cocquempot, député, a embrayé sur la demande du maire de Calais. « A Calais, des réfugiés, par centaines, vivent dans des conditions d’hygiène plus que déplorables. (...) Quatre cents hommes, treize femmes et quelques enfants dorment sous des bâches, seulement aidés par le courage de militants associatifs. (...) Vu les circonstances exceptionnelles de cet hiver, qui s’annonce des plus rudes, il faut une réponse exceptionnelle.
» Et le député de conclure : « Si l’une de ces pauvres âmes venait à mourir de froid, nous, représentants de l’État comme élus de la Nation, aurions bien du mal à nous regarder dans un miroir. » •  

RÉAGISSEZ
Doit-on ouvrir des salles pour héberger les migrants par grand froid ?
Par courriel : calais@lavoixdunord.fr ; par courrier : La Voix du Nord, 25, bd Pasteur, 62 100 Calais.

07:45 Publié dans Articles de presse | Lien permanent

mercredi, 19 décembre 2007

Un clandestin a été parrainé hier en mairie

NORD LITTORAL, mercredi 19 décembre 2007

Les convictions avant la loi

Pour la deuxième fois à Calais, une cérémonie de parrainage républicain a été  organisé. Un jeune Afghan est épaulé par les élus Claude Vanzavelberg et Michelle Leheut de Lavallée.  

b59c03e6133bae59bc47d986ce7ed803.jpg  C'est un sentiment fort et indéfinissable. L'impression de se mettre hors-la-loi et d'agir en pleine légitimité. Une opinion que revendique Jean-Marc Ben : « Le maire est au service de l'État mais n'est pas l'exécuteur zélé d'une politique qu'il condamne. » C'est ainsi que l'adjoint a célébré hier une cérémonie de parrainage civil. « Elle n'a aucune valeur. Mais en même temps c'est un geste politique fort. » Salim Karimi a ainsi été placé sous la protection symbolique de l'adjoint Claude Vanzavelberg et de la conseillère municipale Michelle Leheut de Lavallée.

Un acte humaniste 

  Le jeune homme est Afghan et espère que sa présence sur le territoire français sera prochainement et durablement régularisée (lire ci-dessous), d'est la seconde fois qu'une telle cérémonie est organisée à Calais. « C'est l'expression de notre volonté commune de défendre un certain nombre de valeurs, un certain nombre d'idéaux, une certaine image de notre pays », approuve Jean-Marc Ben.

  L'idée de ces parrainages est simple. Sans parler d'abolition des frontières comme le font les Verts, il s'agit au minimum de montrer que des clandestins sont susceptibles de s'intégrer parfaitement et, à ce titre, peuvent au moins bénéficier d'une régularisation... « On n'a pas choisi (de naître dans un pays) où les droits inaliénables de chaque être humain sont bafoués », poursuit l'élu. Avant de rappeler la devise de la France. « Notre pays qui proclame les valeurs de notre république, "liberté, égalité, fraternité" a plus qu'un autre le devoir de traiter avec la même vigilante attention l'ensemble des jeunes hommes, des jeunes femmes et des enfants sur son  territoire »,  argumente Jean-Marc Ben. 

  Puis l'élu de mettre en avant les difficultés rencontrées pour la mise en place d'une antenne de jour au bois Dubrulle : « Nous ne sommes pas dans l'humanité lorsqu'à Calais les autorités préfectorales mettent tout en œuvre pour démolir avant qu'elle ne soit construite, une antenne de jour pour les migrants, un lieu décent qui puisse répondre aux besoins sanitaires les plus élémentaires. »

Zone constructible ou non 

  Le sous-préfet de Calais et le procureur de la République estiment en effet que la zone où doit s'implanter l'antenne de jour pour les migrants est répertoriée comme une zone naturelle et est donc inconstructible. « Pas du tout, répond Claude Vanzavelberg. La zone est constructible. » Un permis de construire devrait prochainement être déposé par la municipalité. L'antenne fera en outre l'objet d'une délibération au conseil municipal programmé vendredi. 

 A.TH

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Discours prononcé par Jean-Marc BEN, maire-adjoint écologiste de Calais

Mesdames, messieurs, chers amis,

Je suis très ému de célébrer ce parrainage. Je remercie Monsieur le Maire et notre municipalité de me permettre d’officier pour cette cérémonie inhabituelle qui est à mes yeux d’une extrême portée politique et symbolique. A travers Salim qui a déjà, dans sa jeune vie, enduré de terribles épreuves, c’est avant tout l’expression de notre volonté commune de défendre un certain nombre de valeurs, un certain nombre d’idéaux, une certaine image de notre pays.

Le maire est au service de l’Etat, et son rôle est aussi de faire que la loi s’applique sur notre territoire communal. Mais il n’est pas l’exécuteur zélé d’une politique qu’il condamne, et des clauses de conscience sont légitimes. Cette cérémonie entre autres, relève de notre révolte pacifique. Car nous ne sommes pas dans l’humanité lorsqu’à Calais les autorités préfectorales mettent tout en œuvre pour démolir avant qu’elle ne soit construite, une antenne de jour pour les migrants, un lieu décent qui puisse répondre aux besoins sanitaires les plus élémentaires. Nous ne sommes pas dans l’humanité quand on est obligé de continuer à se battre pour sortir d’un enfer qu’on n’a pas choisi, où les droits inaliénables de chaque être humain sont bafoués : droit de vivre en famille (et parfois avec leur nouvelle famille), droit de travailler, droit d’exister, tout simplement. Nous ne sommes pas dans l’humanité lorsque de drôles de mots restent encore usuels dans notre langue, alors qu’ils semblent déjà appartenir à une autre époque, beaucoup plus sombre : régularisation, sans-papiers, quota d’expulsions…

Notre pays qui proclame les trois valeurs de notre République, « Liberté, Egalité, Fraternité » a plus qu’un autre le devoir de traiter avec la même vigilante attention l’ensemble des jeunes hommes, des jeunes femmes et des enfants sur son territoire. Le maire doit à ce titre veiller à l’application et au respect des lois, mais il est avant tout un représentant de la République et donc le garant de la mise en œuvre, en toutes circonstances, des principes qui la fondent : Liberté, Egalité, Fraternité.

Salim, nous te plaçons solennellement sous notre protection républicaine. Tu vas être, dans quelques instants parrainé par l’esprit de nos libertés, et tu seras, à part entière, un enfant de notre commune.

Je vais demander aux parrain/marraine, Claude Vanzavelberg et Michelle Leheut De Lavallée, d’apposer leur signature au bas de ce document officiel,  par lequel ils s’engagent à agir pour ta régularisation., en respect des droits de l’homme et des principes de solidarité et de fraternité.

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Salim Karimi

« Je veux refaire ma vie en France »  

ae39dc3b05277ea5a33bd1a31a938201.jpgDans un français parfait, Salim Karimi a été parrainé hier par Claude Vanzavelberg et Michelle Leheut de Lavallée lors d'une cérémonie organisée à la mairie. Un geste qui n'a aucune valeur officielle. Sa seule portée est symbolique.

De quel pays êtes-vous originaire ?

Salim Karimi : « Je viens d'Afghanistan. Je suis Pachtoune. »

Quand êtes-vous arrivé en France ?

 « Je suis arrivé en France il y a onze mois. Immédiatement, je suis venu à Calais. »

Vous vouliez aller en Grande-Bretagne ?

« Non. J'ai quitté l'Afghanistan pour vivre en France. Je n'ai jamais voulu aller en Angleterre. Je voudrais rester en France et refaire ma vie ici. »

Pourquoi avez-vous quitté l'Afghanistan ?

« II y a trop de problèmes... C'est dangereux, surtout pour nous, les Pachtounes*. C'est pour ça que j'ai voulu venir en France : pour la sécurité. Maintenant, je veux aussi travailler. »

Actuellement vous apprenez le français au Greta.

« Oui. Ça fait six mois, vacances d'été comprises que j'apprends le français. J'apprends à le parler, à le lire et à l'écrire. Ce n'est pas facile mais ça m'intéresse. »

Où en est votre situation ?

« J'espère qu'elle sera bientôt régularisée et pour longtemps. C'est mon objectif mais c'est difficile même si je crois en la France. »

* Plusieurs ethnies cohabitent dans les diverses région de l'Afghanistan. Pendant longtemps, Hazaras et Pachtounes se sont partagés le pouvoir. Depuis la présence des Américains les données changent. Pachtounes et Hazaras ont tendance à être persécutés.

08:15 Publié dans Articles de presse | Lien permanent

vendredi, 14 décembre 2007

La majorité de gauche poursuit ses réunions en vue des municipales

NORD LITTORAL, vendredi 14 décembre 2007

Le programme, oui, la liste, pas encore  

4b3669cab50ebc5ac23b14fd45573a48.jpg     Le feuilleton des municipa­les à Calais se poursuit au sein de l'actuelle majorité mu­nicipale. La semaine dernière a été consacrée à l'établisse­ment d'un programme com­mun entre le parti commu­niste, le parti socialiste, les écologistes, le MRC et les ra­dicaux de gauche. Un pro­gramme approuvé par tout le monde.

     « Les choses ont bien évo­lué, note Jean-Marc Ben, pour les écologistes. Nous avons établi un texte général que chaque composante aura le loisir de décliner pen­dant la campagne. Mais un bon point pour nous est la prise en compte par le PC, au niveau national, de la problé­matique environnementale. Avec des choses que nous pouvons accepter ». De son côté, le premier socialiste Charles François appuie: « pour le programme, ça se passe bien. Toutes les com­posantes ont signé ». L'union de la gauche semble ainsi se préciser.  

     Sauf que... le nerf de la guerre se situe beaucoup plus dans la répartition des places et des postes que dans le programme lui-même. Sur ce sujet, une réu­nion s'est déroulée en début de semaine. Mais l'unanimité n'a pas encore été établie.

François à Hénin : « qu'il s'occupe de ses affaires ! »

  « II ne faut pas être pressé, attendre que cela se dé­cante, poursuit Charles Fran­çois. Nos réunions se pour­suivront, ce n'est pas ter­miné ». Pour le premier socia­liste, un impératif : « il faut que nous soyons respectés. Pour l'instant, on discute. Cela peut durer longtemps, on n'est pas pressé, il ne faut pas s'énerver ». Il n'en dira pas plus sur les places et les postes demandés par le PS. Tout juste sait-on que pour l'instant, « ce que le PC nous propose ne nous convient pas. Donc il n'y a pas encore de liste officielle. Et on ne peut pas parler non plus de dissidence » lance-t-il en­core. Jusque quand les socia­listes peuvent-ils attendre ? « Les listes doivent être dépo­sées en février » s'amuse à répondre Charles François.

   Les composantes de l'ac­tuelle majorité municipale vont se rencontrer bien avant. Dès la semaine pro­chaine. Mais entre les deux gros partis, PS et PC, l'en­tente n'est pas encore de mise. La sera-t-elle bientôt ? Jamais ? Il faut attendre. Par contre, Charles François n'a pas apprécié que le maire "choisisse", par voie de presse, le nom de ses futurs adjoints... «Qu'il s'occupe de ses affaires » a-t-il lâché, énervé. L'accord n'a pas été trouvé non plus avec les écologistes qui souhaitent une plus grande représentation que leurs quatre élus dont un ad­joint et un conseiller munici­pal délégué. «Nous n'en sommes pas encore arrivés au mieux disant, constate Jean-Marc Ben. Nous craignons d'être écrabouillés en­tre le PS et le PC. On pour­suit les négociations. Si le programme présente donc un plus écologique, et que nous avons satisfaction au ni­veau de notre représenta­tion, je serais confiant ».

E.D.

12:50 Publié dans Articles de presse | Lien permanent

samedi, 08 décembre 2007

Ecologie: ça bouge au Parti Communiste... national

Société - Article paru dans l'Humanité (8 novembre 2007)
Après le Grenelle, quelle révolution écologique ?

Par Alain Hayot, responsable de la commission environnement du PCF

Placé sous l’égide des rencontres de l’Humanité, le débat public du 12 novembre, à Grenoble, confrontera les points de vue de Marie-George Buffet, d’Alain Hayot, pour le PCF, de Paul Ariès, universitaire, et de responsables d’associations écologistes. Alain Hayot présente ici, en forme d’invitation à ce débat, une analyse des résultats du Grenelle.

Reconnaissons que le Grenelle de l’environnement, si les premières mesures annoncées sont suivies d’effet, peut permettre à la société française de franchir un cap et d’entamer un processus de rattrapage. Les ONG, les associations mais aussi les organisations syndicales et professionnelles, des parlementaires ont confronté des points de vue souvent convergents, parfois divergents dans les groupes de travail. Les propositions de ces groupes ont souvent rencontré les aspirations et les exigences exprimées par les Français dans de nombreux sondages. On peut regretter que les forces politiques en tant que telles aient été quelque peu tenues à l’écart de ce processus qui a mis directement en relation le pouvoir et la société civile au détriment du grand débat national et populaire que mérite un tel sujet. Faisons en sorte que la loi de programmation prévue pour début 2008 en soit l’occasion.

Sur le fond que penser des premiers résultats, en particulier des engagements du président de la République ?

Il promet une « révolution écologique » et ouvre des chantiers qui, même s’ils ne suivent pas totalement les recommandations des groupes de travail, vont exiger autant de combats nécessaires pour que des mesures concrètes et des moyens suffisants permettent des avancées réelles dans tous les domaines concernés par la crise écologique. L’enjeu majeur de la lutte contre le réchauffement climatique et pour le respect de la biodiversité ce sont les conditions de vie, d’habitat, de transports, de santé, d’accès à une alimentation et à des ressources naturelles saines, à une énergie propre et durable de nos concitoyens, en particulier des plus défavorisés d’entre eux. Désormais, le constat est partagé que la crise écologique, en mettant en cause la préservation de la planète, compromet gravement une dimension essentielle de l’histoire de l’humanité, le progrès.

Poussons le débat quand N. Sarkozy dénonce notre modèle de croissance sans le nommer : nous ne sommes pas confrontés à une sorte de fatalité mais au fait que le modèle de croissance dominant, le capitalisme, produit dans des conditions qui ne satisfont ni aux besoins sociaux ni aux exigences environnementales. Nous subissons un productivisme aveugle que nous avons, reconnaissons-le, longtemps accompagné en croyant défendre l’emploi. Mais aujourd’hui ce productivisme est totalement dépendant d’une globalisation financière permettant de détruire l’emploi à un endroit pour mieux exploiter une main-d’oeuvre moins chère ailleurs, dans des conditions de production moins contraignantes.

Ce système obéit prioritairement à des critères de rentabilité financière à court terme. Or les temps courts du profit sont incompatibles avec les temps longs des écosystèmes. C’est ainsi que, pour ne prendre que cet exemple, la déforestation en Amazonie, en Afrique ou en Asie du Sud-Est trouve son origine dans l’action de multinationales qui y substituent des monocultures intensives y compris pour produire des agrocarburants à l’usage des pays du Nord.

Examinons les premières propositions du Grenelle : oui il est positif de vouloir doubler les surfaces consacrées à l’agriculture biologique, de diminuer de moitié l’utilisation des pesticides et d’appliquer le principe de précaution aux OGM, mais soyons conscients qu’il faudra l’imposer aux grands semenciers et aux multinationales comme Monsanto ; oui il est positif de transférer au fret ferroviaire une bonne partie du transport de marchandises assuré par la route, mais cela va exiger de réorienter la politique de la SNCF qui veut fermer des centaines de gares de fret ou de ne pas céder aux lobbies des transporteurs routiers ; oui il est positif d’entamer la rénovation thermique du bâti ancien et construire aujourd’hui sur une base énergétique positive, mais peut-on le faire sans poser la question du « qui paie », sans cesser d’alimenter la spéculation immobilière et sans lier cette « révolution énergétique » à la résolution de l’intolérable crise actuelle du logement. Le « qui paie » pose la question d’une autre fiscalité à la fois plus efficace sur le plan environnemental et plus juste socialement, et aussi celle du financement à l’heure des menaces de privatisation qui pèsent sur la Caisse des dépôts alors qu’elle devrait devenir la banque publique du développement durable. Oui il faut d’urgence rattraper notre retard en matière de recherche et de production d’énergies renouvelables mais comment le faire quand on se prive de la maîtrise publique des choix industriels énergétiques et que l’on privatise les outils essentiels que sont nos services publics de l’énergie. Cela vaut aussi pour l’eau, les déchets, la biodiversité. Le programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) le souligne dans un rapport : « Si l’on veut vraiment résoudre la crise écologique, il faut arrêter la privatisation généralisée des ressources et des services. »

Si le capitalisme est capable aujourd’hui de trouver dans l’écologie un champ nouveau de profits par exemple en dépolluant sans cesse ce qu’il a pollué, crise sociale et crise écologique forment un noeud que la logique libérale ne peut trancher, un noeud illustré par deux questions essentielles : celle de savoir au bénéfice de qui on veut résoudre la crise écologique subie aujourd’hui par les plus pauvres, celle de dépasser les formes politiques de domination et de gestion dans les territoires et les entreprises au profit d’une démocratie participative et citoyenne, question singulièrement absente du Grenelle.

Il ne suffit pas de définir une politique écologique en soi. Il faut promouvoir une politique écologique et sociale des transports, de l’habitat, de l’agriculture et de la biodiversité, de l’urbanisme et de l’aménagement, de la fiscalité au plan national comme européen et mondial. Pour la gauche, le Grenelle de l’environnement doit devenir un combat de rassemblement réunissant toutes ses composantes dans un dialogue permanent avec les associations écologistes.

Tout reste à faire pour permettre de déboucher réellement sur des mesures efficaces écologiquement et socialement. Le débat parlementaire doit être l’occasion d’y travailler ensemble. Reste que si la gauche a été prise de court sur cette question comme sur d’autres c’est qu’elle est confrontée à un problème de fond et pas seulement stratégique : il lui faut reconstruire un projet de transformation sociale qui n’emprunte ni au libéralisme ni au productivisme, un projet d’émancipation humaine croisant enjeux social, écologique et démocratique. Vaste programme.

COMMUNISME ET ECOLOGIE N° 8

Voir le site "Villes, territoires et développement durable" du PCF

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jeudi, 06 décembre 2007

Bonus-malus automobile: le premier pas d’un chemin qui reste long

COMMUNIQUE DES VERTS

d62ec2f25784dade32b6e2c301bec31c.jpgLe bonus malus automobile est un premier pas. Mais un petit pas. Si l’esprit de la mesure est bon, sa lettre est malheureusement décevante. Ses effets concrets ne seront pas à la hauteur de l’impression laissée par la communication gouvernementale.

Ainsi, seuls 1% des véhicules seront touchés pas le malus le plus élevé de 2 600 euros. Le prix d’achat initial de cette catégorie de véhicules est si élevé que le malus sera sans doute peu dissuasif pour ses acheteurs. Autre exemple, les véhicules qui émettent de 130 à 160 g de CO2/km passent entre les mailles du filet de la taxation. L’industrie automobile française, dont la grande majorité de la production se situe dans ce type de gamme, s’en félicite sans doute…

Pour lutter véritablement contre les émissions de gaz à effet de serre, il faut transformer nos modes de déplacement en développant les alternatives au tout voiture. Mais qu’a fait le gouvernement en matière de fret ferroviaire sinon fermer 262 gares de triage ? Pourquoi la totalité des projets autoroutiers ont-ils été maintenus en dépit des belles promesses formulées le jour même du Grenelle de l’environnement?

Pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre efficacement, le bridage des moteurs à 130 kilomètre heures serait, elle, une mesure véritablement efficace…


Yann Wehrling
Porte-parole national des Verts

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Vers une alliance MoDem, PRG, Verts à Nanterre

NOUVELOBS.COM | 04.12.2007 |

Le Mouvement Démocrate, les Radicaux de gauche et la présidente des élus Verts de la  ville ont décidé de former une liste commune à la suite de "discussions stériles avec le PC et le PS".

76cb06dc8bfe5ee9e24c0f1c897ffcd8.jpgLe MoDem, le PRG et la présidente des élus Verts de Nanterre formeront une liste commune lors des prochaines municipales, a-t-on appris mardi 4 novembre.

Ancien de l'UDF investi par le Mouvement démocrate (MoDem), Pierre Creuzet, 39 ans, dont 18 passés au conseil municipal, conduira une équipe composée notamment de Michel Bottreau, patron du cercle PRG de Nanterre, et d'Estelle Le Touzé, qui dirige le groupe des Verts au conseil municipal.

"A la suite de discussions stériles avec le PC et le PS, il est apparu aux Radicaux de Gauche de Nanterre que ni le PC, ni le PS ne mesuraient les besoins des différentes populations de Nanterre et ne pouvaient répondre aux nouveaux défis de notre commune", écrivent dans un communiqué Michel Bottreau et la présidente de la Fédération du PRG 92 (Hauts-de-Seine), Mireille Gitton.

Dans l'opposition depuis 2001


A Nanterre, les quatre élus Verts font déjà partie de l'opposition depuis 2001. "Je suis en désaccord avec les dirigeants communistes de cette ville, car je refuse de considérer qu'ils doivent tout verrouiller, de l'utilisation des sols aux dépenses en passant par les ressources humaines", a expliqué à l'AFP Estelle Le Touzé.
Le secrétaire de la section PS de Nanterre, Didier Debord, trouve quant à lui "le départ du PRG étonnant", tout en ajoutant que "le PRG, à Nanterre, c'est une personne".
Depuis 2001, la maire communiste Jacqueline Fraysse a passé la main à Patrick Jarry, qui se présente en mars prochain pour sa succession.

Le PS et le PCF n'ont pour l'instant pas arrêté leur position sur une éventuelle liste commune dès le premier tour à Nanterre, ville communiste depuis 1935.

La liste de l'UMP sera conduite par Rachid Kaci. (AFP)

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