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samedi, 22 décembre 2007

Migrants

LA VOIX DU NORD, samedi 22 décembre 2007

Contre l’avis de l’Etat, un local réquisitionné hier soir

13cff287ff39cb337ed8773877db9089.jpgMalgré les demandes pressantes des élus locaux et des associations, l’Etat est resté arc-bouté sur sa position d’extrême fermeté. Hier soir, la municipalité a réquisitionné le local du BCMO, rue de Moscou.  

L’Etat a ignoré les appels de la mairie, des députés du Calaisis, des associations. Renvoyant tout ce beau monde vers le 115, inaccessible aux migrants.

La Ville de Calais a fait le forcing, et ouvert hier soir le local du BCMO, appartenant au SMBC, rue de Moscou. Là, les migrants ont pu bénéficier de l’apport de 400 sacs de couchage et de chauffage d’appoints, disponibles grâce à une subvention d’urgence débloquée par le Conseil régional. Tout le monde, à Calais, soutient l’initiative municipale. Même Natacha Bouchart, et l’opposition UMP l’ont approuvée, hier soir, lors du conseil municipal.  

Dans la nuit de jeudi à vendredi, près de deux cents réfugiés avaient passé la nuit dans la maison paroissiale de la rue de Croy. Catherine Bourgeois, conseillère régionale (Verts), est restée avec eux : « C’était moins pire que de dormir dehors. Mais c’est une maison sans électricité, sans chauffage. Il faisait peut-être deux à trois degrés, c’était humide. Impossible de dormir. » C’était moins pire, dit-elle, et ce pis-aller avive sa colère : « Le préfet de région, à Lille, a réquisitionné une auberge de jeunesse pour les sans-abri de la métropole. Tout le monde le sait, il y a des sans-papiers parmi ces sans-abri. Ce qui est possible à Lille ne l’est pas à Calais, pourquoi ? La vie des sans-papiers d’ici vaudrait-elle moins que celle des sans-papiers lillois ? » Arc-boutés sur le refus absolu de tout point de fixation à Calais, au risque de laisser les migrants mourir de froid, préfecture et sous-préfecture restent inflexibles. Le maire de Calais, qui en cinq ans ne s’était jamais montré aussi revendicatif sur le sujet, a donc décidé de frapper au sommet de l’Etat. Une lettre a été envoyée au Premier ministre, lettre au ton direct : « Je vous demande instamment de nous aider en exigeant de toute urgence la réquisition du local du BCMO (bureau central de la main-d’oeuvre), rue de Moscou. » Une copie a été envoyée à Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, au préfet et au sous-préfet. Nicolas Sarkozy a été lui aussi informé de l’initiative municipale. Jack Lang et Gilles Cocquempot ont emboîté le pas à Jacky Hénin. Le collectif C’sur a de son côté envoyé un texte à Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités : « Nous ne pouvons qu’être honteux du comportement préfectoral », assène C’sur.
Hier, la communauté calaisienne dans son ensemble a donc fait preuve de désobéissance civile. Une désobéissance qui est tout à son honneur.  •

PAR BRUNO MALLET

PHOTO JEAN-PIERRE BRUNET

12:20 Publié dans Articles de presse | Lien permanent