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jeudi, 20 décembre 2007

Grand froid

La Voix du Nord - Edition du jeudi 20 décembre 2007

Le maire veut réquisitionner un local pour les réfugiés


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Alors que les températures sont tombées sous - 5 dans la nuit de lundi à mardi en certains endroits du Calaisis, le maire vient de demander au préfet l’autorisation d’ouvrir un point d’accueil provisoire, dans l’ancien local des dockers, rue de Moscou.

PAR PATRICIA NOËL PHOTO ARCHIVES JEAN-PIERRE BRUNET

A Calais plus qu’ailleurs, le froid qui s’est abattu depuis plusieurs jours repose avec acuité le problème des réfugiés. Même si, dans ces mêmes colonnes, le sous-préfet Gérard Gavory réaffirmait hier que les réfugiés « ne sont pas exclus du dispostif 115 en cas de grand froid », chacun sait qu’une solution globale d’hébergement pour les réfugiés n’est pas à l’ordre du jour, en tout cas du point de vue de l’État.

Relayant l’appel lancé par les associations qui prennent soin au quotidien des migrants, Jacky Hénin a décidé lundi de demander la réquisition d’un local. Le maire prend appui sur les propos tenus par François Fillon - « Toute personne qui voudra demander à l’État d’être hébergée sera assumée par nos soins » pour justifier sa requête.
Le local visé par le maire se situe rue de Moscou : « Je vous demande de réquisitionner l’ancien bureau central de la main d’oeuvre (BCMO) des dockers, appartenant aux SMBC », écrit Jacky Hénin au préfet.

La mise en oeuvre de cette réquisition ne demanderait pas une gestion spécialement compliquée, explique-t-on à la mairie. « Nous sommes en contact avec les associations depuis plusieurs jours, détaille Denis Duvot, directeur de cabinet du maire. M. Boutoille (CSUR) et Mme Delannoy (une infirmière bénévole, NDLR) nous ont assuré qu’ils étaient prêts à prendre en charge la gestion de cet accueil. » Ce local, actuellement inoccupé, présente l’avantage de se situer à mi-chemin du quai de la Moselle où sont servis les repas le midi, et du hangar Paul-Devot, lieu des repas du soir. Le directeur du cabinet du maire attendait hier matin une réponse du préfet. «  On ne comprendrait pas, expliquait Denis Duvot, que l’État ne prenne pas de disposition par rapport à la situation particulière de Calais ».
Hier soir, Gilles Cocquempot, député, a embrayé sur la demande du maire de Calais. « A Calais, des réfugiés, par centaines, vivent dans des conditions d’hygiène plus que déplorables. (...) Quatre cents hommes, treize femmes et quelques enfants dorment sous des bâches, seulement aidés par le courage de militants associatifs. (...) Vu les circonstances exceptionnelles de cet hiver, qui s’annonce des plus rudes, il faut une réponse exceptionnelle.
» Et le député de conclure : « Si l’une de ces pauvres âmes venait à mourir de froid, nous, représentants de l’État comme élus de la Nation, aurions bien du mal à nous regarder dans un miroir. » •  

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Doit-on ouvrir des salles pour héberger les migrants par grand froid ?
Par courriel : calais@lavoixdunord.fr ; par courrier : La Voix du Nord, 25, bd Pasteur, 62 100 Calais.

07:45 Publié dans Articles de presse | Lien permanent