Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 16 octobre 2007

L'état de nos côtes dans 100 ans

La Voix du Nord - Edition du mardi 16 octobre 2007

En l’an 800, l’empereur Charlemagne devait savoir nager

a9e04263d6d89bfb6038ccd5d662b53c.jpgCette carte est fascinante. Est-elle réaliste ?
Exploitée par les experts environnementaux du conseil régional et par l’ADEME, elle permet de voir crûment ce qui est arrivé à l’époque du bon empereur Charlemagne, sacré en l’an 800, c’était hier à l’échelle géologique du temps.
Les historiens sont les seuls à en parler mais à l’époque, le niveau de la mer avait monté pendant deux cents ans pour aboutir à ce résultat d’inondations maritimes. La cause ? Les Chinois qui ont brûlé d’immenses territoires forestiers pour satisfaire leurs besoins de développement et plus récemment, les Romains, pour les mêmes raisons appliquées au champ militaire.
À l’époque, la température avait progressé de 2,3 °C, mettant Londres sous l’eau comme l’essentiel de la Belgique, la quasi-totalité des Pays-Bas, quasiment toute la plaine de Flandre intérieure, sans savoir si l’eau de mer aurait pu couler la métropole lilloise par l’envahissement de la Scarpe et de l’Escaut en passant par la Belgique. « 2,3 °C, c’est l’hypothèse moyenne retenue pour le prochain siècle (notre carte) et cela peut monter dix fois plus vite aujourd’hui », alerte Florent Lamiot, spécialiste à la Région. Brr… 

Livre Vert de la Commission des Communautés Européennes 

Vers une politique maritime de l’Union: une vision européenne des océans et des mers
« How inappropriate to call this planet Earth when it is quite clearly Ocean »
(Quelle idée d’appeler cette planète «Terre» alors qu’elle est clairement océan)
citation attribuée à Arthur C. Clarke
(document présenté par la Commission des Communautés Européennes)

"La finalité du livre vert est d’ouvrir un débat sur une future politique maritime communautaire caractérisée par une approche holistique des mers et des océans. Le livre vert montrera que nous ne pourrons continuer à profiter des avantages que nous procurent les mers et les océans que si nous leur témoignons un profond respect en cette période où leurs ressources sont menacées par de vives pressions et par notre capacité technologique croissante à les exploiter. La perte accélérée de la biodiversité marine en raison notamment de la pollution, des conséquences du changement climatique et d'une surexploitation des ressources, est un signal d’alarme que nous ne pouvons ignorer."

Le littoral, entre nature et artificialisation croissante  Institut Français de l'Environnement

"Les zones urbaines, industrielles, réseaux de communication et espaces verts recouvrent 13% des communes littorales, soit 2,7 fois plus que la moyenne métropolitaine. Cette part monte à 27% à moins de cinq cents mètres de la mer. Ces territoires cohabitent avec des espaces naturels ouverts, des zones humides et des surfaces en eau. Les terres agricoles et les milieux naturels sont de plus en plus insérés dans des territoires urbains. Ils se maintiennent difficilement alors qu’ils participent à l’équilibre de l’aménagement du littoral."

Past dumping at sea of chemical weapons and munitions in the OSPAR maritime area 

"Since the end of the First World War, dumping of chemical weapons and munitions at sea has taken place and is the subject of considerable concern in a number of international fora... Marine dumped chemical munitions react differently in water depending on the agent they contain... Phosphorous devices also present long term problems..."

 

***************************************************************************

La Voix du Nord - Edition du mercredi 17 octobre 2007

L’EXPERT
Florent Lamiot : « Et voici la maison à biodiversité positive… »
55656256f528893f7af6b196a0b4bee2.jpgRêvons un peu avec une maison qui respecterait au mieux son propre milieu naturel. Autant dire une maison à peu près introuvable.

– Ne s’agit-il pas d’une proposition du Grenelle de l’environnement ?
« C’est presque vrai. Nous avions la maison à énergie positive, autonome et qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme, voici la maison à biodiversité positive. Le concept est nouveau, radical en France. Cette maison accorderait sur les plans de l’architecte autant de place à la préservation des espèces animales et végétales que s’il n’y avait pas de maison et qu’on était dans une nature vierge. »
– Comment faire concrètement ?
« Que des choses finalement très simples. Comme végétaliser les murs, au minimum avec du lierre. On aura des feuilles toute l’année, le lierre est un excellent épurateur de l’air (en particulier le benzène cancérigène) et c’est plein de vitamines : ses graines sont les premières à être mangées par les oiseaux fatigués par l’hiver ou les migrations. On peut aussi végétaliser son toit ou sa terrasse. C’est techniquement très possible sur des pentes de 35 °. Cela coûte le prix d’un bon carrelage et il n’y a presque pas d’entretien. Avec d’autres avantages, une meilleure résistance du bâti au temps, une fixation des poussières et de l’eau de pluie (économie pour les réseaux d’assainissement puisque l’eau est retenue sur un toit). C’est clair en Allemagne, les assureurs gèrent moins de sinistres parce que la végétalisation atténue les chocs thermiques. »
– Cette maison n’existe-t-elle pas dans notre région ?
« Quelques particuliers font des efforts, comme à Marquette, près de Lille. La biodiversité positive, c’est aussi la maison nichoir. Les batraciens, les amphibiens, les micromammifères restent bien sûr à l’extérieur de la maison mais on aménage des endroits pour eux à la cave, au grenier, dans les murs. J’ai vécu dans un vieux moulin et j’avais installé un abri dans un mur pour les oiseaux, avec un oeilleton pour pouvoir les observer. C’était génial ! Je dispense un cours sur ce sujet à l’école d’architecture de Lille et c’est hélas le seul cas en France ! »
– Et dans nos jardins ?
« On peut récupérer l’eau de pluie pour faire des toutes petites mares, faire des trous dans les grillages, ne pas éclairer la nuit. Si un jardin est écologiquement géré, pas besoin d’engrais et surtout pas de pesticides ! Ne pas jeter le bois mort, faire du compost avec la tonte de pelouse ou la taille de haie ; il n’y a pas de meilleur substrat pour faire un humus de qualité. »
 
REPÈRES                                                                                                                                                                                                               
Il est assurément l’un des plus fins connaisseurs de la biodiversité en France et « a fortiori » dans la région. Un temps dans l’industrie audomaroise, ce multispécialiste laboureur de terrains trouve sa place dans l’équipe de la première heure de Marie-Christine Blandin à la direction de l’environnement du conseil régional en 1992, où il est encore le seul en France à occuper un poste de veille stratégique en environnement.


 

23:55 Publié dans Articles de presse | Lien permanent