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mardi, 25 septembre 2007

VELO

La Voix du Nord - Edition du mardi 25 septembre 2007

Vivre à l’année sans voiture à Calais, c’est possible

57389ebda593f7cc58870c03b652b6d6.jpgLe vélo, associé à l’image de l’ouvrier rentrant du boulot il n’y a pas si longtemps que ça, colle désormais à celle du « bobo », le bourgeois-bohème qui se la pète sur son deux-roues pour se donner des airs d’écolos… et qui roule en 4x4 le week-end. Christian Louchez, conseiller municipal à la circulation, veut casser ces clichés.

     « Je voulais passer à l’acte. Ce n’est pas le tout de défendre des idées, il faut aussi les appliquer  », explique Christian Louchez qui, le 15 décembre 2006, a vendu sa voiture. Il s’est rendu compte qu’avec ses deux enfants (15 et 20 ans), il était devenu chauffeur de taxi ces dernières années. Il leur a payé un vélo et des abonnements de bus… et roule ! « Au début, ça a un peu râlé. Aujourd’hui, ils sont autonomes et tout le monde a gagné en liberté. On s’organise différemment, c’est tout. ». Christian Louchez jongle à longueur d’année entre son école pour le travail et la mairie pour ses dossiers. « Quand une réunion est organisée à Bonningues ou encore à Guînes, j’ai trois solutions : soit j’y vais en bus et je m’arrange avec un collègue pour être ramené ; soit je fais l’aller-retour avec un collègue ; soit je ne peux pas m’y rendre. Voilà. ». Vu comme ça, c’est simple. Comment fera-t-il si tout le monde achète un vélo ? « Ce n’est pas près d’arriver », dit-il en riant.
     Pour les emplettes, changement d’habitudes. Direction le commerce de proximité, « on achète différemment ». Il n’a pas calculé, mais il est certain d’avoir fait des économies à ce niveau. Tout comme le fait de ne pas avoir à faire le plein d’essence tous les quinze jours. «  Attention, je ne suis pas un anti-voiture pour autant ! J’en loue, de temps en temps, quand j’en ai vraiment besoin. Une voiture coûte, à un particulier, environ 13-15 € par jour. Je pense que j’y gagne encore en louant. » Christian Louchez ne lance pas un appel à la population en criant « débarrassez-vous de votre voiture », mais estime « que de nombreux déplacements pourraient être faits autrement ».
     Un déplacement à Paris ou ailleurs ? En train avec le vélo pliant sous le coude, « sinon, pour un vélo normal, c’est payant ou alors tout bonnement impossible », raconte l’élu qui dresse la liste des obstacles au bon développement de ce moyen de locomotion. « En France, on a la culture voiture. Tout est fait pour elle. En théorie, on n’aurait pas besoin de marquage au sol. Mais il faut occuper l’espace pour marquer notre présence. » •  

PAR LAURENT RENAULT

RÉAGISSEZ

La place accordée au cycliste à Calais est-elle suffisante, adaptée ? Y a-t-il une réelle éducation au deux-roues ? Nous ferons le tour de ces questions dans une série de reportages à venir.
Envoyez vos questions, remarques et propositions à « La Voix du Nord » 25 bd Pasteur, 62 100 calais ou par courriel : calais@lavoixdunord.fr

 

 

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La Voix du Nord - Edition du mardi 25 septembre 2007

La voie verte toujours dans les cartons

     Un projet européen de voie verte reliant l’Europe du Nord et l’Espagne devrait un jour passer par le Calaisis. Les maires concernés ont validé le tracé, ne reste plus maintenant qu’à le concrétiser.
     Mark, Calais, Sangatte-Blériot et Coquelles, voici les communes concernées par la future voie verte du littoral qui devrait permettre de relier, grâce à des pistes cyclables mais aussi des sentiers pédestres, les Pays-Bas à l’Espagne.
     Le tracé, qui a été validé en juin par les différents maires concernés, est précis. La voie verte passera par les Hemmes de Marck, empruntera le sentier proche du centre aéré Jules-Ferry qui existe déjà, avant de rejoindre la route de Gravelines, d’emprunter le rond-point de l’Industrie, l’avenue Toumaniantz où là aussi une piste cyclable existe déjà. La tracé prévoit ensuite de remonter le long du canal via la rue de Strasbourg déjà équipée, avant de rejoindre le terminal ferry, d’emprunter le pont Vétillart, de traverser Calais-nord pour rejoindre la plage et ensuite de traverser Blériot-Sangatte via un court passage dans la commune de Coquelles, juste derrière la zone commerciale.
     Coordonné par le SITAC qui assure toute la signalétique, le projet va nécessiter des aménagements qui devront être pris en charge par les communes.
     Celles-ci pouvant bénéficier de subventions régionales allant jusqu’à 40 % des aménagements avec un plafond de 50 000 E par kilomètre aménagé.
     A la fois destinée aux piétons et aux vélos, cette route verte sera à terme composée de pistes cyclables, de couloirs mais aussi de sentiers. Intérêt : un nouveau développement touristique pour le Calaisis, et peut-être un changement de mentalité des Calaisiens qui disposeront d’un véritable circuit familial sécurisé à découvrir.

      • A.-C.P.

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La Voix du Nord - Edition du mercredi 26 septembre 2007

SÉRIE
Pourquoi les Calaisiens ont-ils rangé leurs vélos ?

Calais se distingue de nombreuses grandes communes du Nord-Pas-de-Calais par la place accordée au vélo. « Nous approchons les 30 kilomètres de piste pour les deux-roues », explique Christian Louchez. Mais les vélos ne sont pas très présents en ville.

Pourquoi les Calaisiens ne sortent-ils pas leurs vélos ?
« Difficile de répondre à cette question. Je pense qu’il faut les encourager en améliorant encore et encore les aménagements. Ça fait onze ans que je rame pour améliorer les choses et ça commence à bien bouger. Il y a aussi, actuellement en France, une volonté de redonner la place au vélo. Je pense que les Calaisiens vont y être sensible. D’autant qu’ils ont des vélos, le problème n’est pas là. »

C’est peut-être une question de culture, d’éducation ?
« Ce n’est pas la culture vélo le problème, c’est la culture voiture. Maintenant, il est vrai que l’on a davantage de facilité à ouvrir la porte arrière que de sortir les vélos. »

Les Calaisiens ne sont peut-être pas encore habitués à toutes ces nouveautés, cette signalétique, ces possibilités ?
« Peut-être faudrait-il communiquer davantage sur le sujet. »

La journée sans voiture n’a pas répondu à ces questions. Pourquoi ne pas profiter de cette journée pour expliquer le réseau réservé aux cyclistes ?
« Je vais voir pour ça. Il est vrai que l’on pourrait, par le biais d’associations, montrer l’exemple et circuler en centre-ville à vélo, expliquer aux Calaisiens comment se comporter, réexpliquer les intérêts… je vais y penser. »

Que manque-t-il en matière d’aménagements ?
« Il existe des points noirs en ville auxquels on aura du mal à remédier comme la largeur des ponts et autres héritages historiques. Et puis tant qu’on laissera la voiture prioritaire, on n’avancera pas. Comme la rue de Verdun qui aurait pu être réduite à deux fois une voie, comme ces terre-pleins centraux un peu partout sur les avenues ou encore les revêtements qui sont en mauvais état. »

La rue de Valenciennes par exemple ?
« Oui, elle est dangereuse car la route est bombée, le caniveau est abrupt et les voitures roulent vite. Il faudrait la refaire.»

Le vol n’est-il pas un frein également ?
« 
C’est certain. la première question que l’on se pose c’est : “où va-t-on se garer ?” Il y a 700 arceaux de sécurité à Calais. Mais il manque, toujours en matière d’aménagement, des lieux sécurisés. Dans les écoles par exemple, où les établissements n’ont pas de garage mais des parkings. »

Le deux-roues est pourtant bien présent à Calais, mais il est motorisé… « Je ne sais pas si c’est supérieur aux autres villes. C’est pourtant moins cher de faire du vélo et bien plus sûr. Car le taux de mortalité est très très élevée par rapport au vélo qui est le moyen de locomotion le plus sûr. » • 
L. R.

 > Dans notre édition de demain, nous reviendrons sur l’éducation au vélo.

10:15 Publié dans Articles de presse | Lien permanent