Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 14 juillet 2007

L'éolien a le vent en poupe à Calais

NORD LITTORAL, samedi 14 juillet 2007

Projet de parc éolien au large du Fort-Vert

L'éolienne prend son envol sur Calais  

Le dossier est depuis peu dans les cartons de la communauté d'agglomération : un parc éolien pourrait voir le jour au large du Fort-Vert d'ici 2015. Si rien n'est encore décidé, le projet bénéficie d’un vent favorable

ea59828008fa34835e768ee354969e45.jpg   Un parc éolien en mer, à la jonction des communes de Marck et Calais dans le secteur du Fort-Vert ? L'idée aurait fait sourire ou grincher il y a encore quelques années. Mais pour la société Intervent, filiale du groupe allemand Das Grüne Emissionshaus, le vent a tourné. Convaincue que le Pas-de-Calais est désormais prêt à sauter le pas, Intervent est récemment entrée en contact avec la communauté d'agglomération du Calaisis, compétente en matière d'environnement et d'aménagement du territoire.  

   Sur la table, un projet d'ampleur colossale : 6 à 12 éoliennes suivant autorisation, 198 mètres et 6 mégawatts chacune, soit un parc éolien de 72 mégawatts maximum. A titre de comparaison, l'énergie électrique produite couvrirait les besoins de 100 000 à 200 000 habitants, soit a minima la population totale de l'agglomération.

Un potentiel à exploiter  

   Pour Fabrice Gourat, responsable du développement des projets Intervent, le secteur de Calais se prête parfaitement à une implantation en mer (off-shore) : « On voit le côté moderne et innovateur de cette commune, symbolisé entre autres par l'éolienne du lycée Léonard-de-Vinci, commente-t-il. Ce projet s'accorde très bien avec le développement de la ville. Les gens sont habitués aux grues, aux zones industrielles... en particulier au niveau des infrastructures portuaires. Quant au raccordement électrique des installations, aucun problème non plus. On a 100 mégawatts disponibles sur Calais et la ville qui consomme énormément d'énergie, avec notamment les industries de la zone des Dunes. Nous n'aurons pas le problème qu'ont rencontré les porteurs du projet éolien de Fruges, situé en milieu rural. »

   Fort de ces arguments. Intervent a cherché l'appui de la Cac et l'avis des administrations pour entrer dès que possible dans le vif du projet. « Avec Intervent, nous avons d'abord parlé de l'esprit du plan et des atouts et contraintes liées à son éventuelle mise en œuvre. On nous a demandé de faire les démarches pour que le pays de Çalais se positionne à terme en zone de développement éolien, condition indispensable au développement du projet », explique Christian Louchez, vice-président de la Cac en charge de l’environnement. « On a donc pris notre bâton de pèlerin, même s’il faut souligner que dès le départ, la charte du pays de Calais prévoyait le développement des énergies renouvelables et inscrivait /'éolien au titre de ses priorités. »  

Premiers avis, premiers appuis

   Lors du conseil communautaire du 26 juin dernier, la Cac s'est ainsi prononcée en faveur de la poursuite du dossier. « Une fois de plus, il ne s'agit pas de couvrir la France d'éoliennes, ironise Christian Louchez. Mais il me semble que dans une région comme la nôtre, ne pas utiliser le vent, cette énergie renouvelable qui souffle en abondance sur nos côtes, c'est un peu n'importe quoi. »  

   Si le soutien politique semble acquis, le dossier n'en est pour l'heure qu'à l'état d'avant-projet. La société Intervent poursuit ses concertations avec les administrations concernées. Une première réunion technique regroupant tous les services susceptibles de formuler un avis sur le dossier s’était ainsi réunie le 14 juin. « Pour l’instant, nous avons tenu des réunions pour informer les services de l’Etat, la communauté d’agglomération, la commune… dans le but de leur faire comprendre l’ampleur du projet et sa complexité propre », précise Fabrice Gourat.

   L'implantation d’un parc éolien en mer impose en effet des contraintes et incertitudes particulières. « Quand on travaille sur terre, on a notamment la sécurité du sol car on passe des contrats avec les propriétaires, poursuit Fabrice Gourat. En mer, la sécurité n'arrive qu'à la fin. Il faut cependant investir à un moment donné. » Une fois assurée de l'accueil favorable réservé à son projet, la société Intervent se lancera dans la réalisation d'une étude d'impact (étude du milieu naturel notamment ornithologique, étude technique, paysage...), opération coûteuse mais indispensable.  

Un enjeu départemental et national

   Si la tâche s'annonce longue - Fabrice Gourât évoque « un projet à horizon 2015 », les porteurs de projet ne bâtissent pas sur du sable. « Le schéma éolien réalisé il y a quelques années avait déjà dégrossi les possibilités d'implantation dans le Nord Pas-de-Calais », précise Christian Louchez. Même constat avec le schéma mis en place par le préfet du Pas-de-Calais pour organiser les implantations éoliennes dans le département. «  // y avait une vraie volonté de contrôler un peu les choses dans la mesure où l’on a longtemps assisté à une implantation anarchique des éoliennes par des sociétés principalement allemandes et danoises, qui contactaient directement des élus de petites communes en leur faisan miroiter les potentielles recettes fiscales. »  

   La balle est aujourd'hui dans le camp des responsables de ce projet à trois volets : environnemental (puisqu'il répond aux objectifs nationaux fixés à 21 % de la production énergétique du pays à l'horizon 2010), de développement (puisqu'il fera appel à des entreprises de la région), et économique (revenus sous forme de taxes professionnelles pour les communes concernées). Une implantation en mer présente également l'avantage de limiter les nuisances pour les riverains.

Mais sur terre ou à hauteur de flots, souligne Christian Louchez, le développement durable passe aussi par une nouvelle appréhension des paysages : « Plus personne ne se plaint des horribles pylônes électriques qui traversent nos campagnes. On n'y fait tout simplement plus attention. Pour les éoliennes, ce sera la même chose. »  

Anne ANDLAUER

17:45 Publié dans Articles de presse | Lien permanent